bon, j'avais écrit un super post super long super documenté sur le sujet, tant pis ! je vais faire plus court cette fois.
Qu'est ce que le principe du Rasoir d'Occam ?Il s'agit d'un principe très simple :il ne faut pas ajouter des causes inutiles.
«
Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité » (
pluralitas non est ponenda sine necessitate).
C'est un principe fondamental en science, qui consiste à rechercher le minimum d'hypothèse pour conduire un raisonnement. Plus tard on verra Laplace rétorquer à Napoléon :
- Napoléon : Monsieur de Laplace, je ne trouve pas dans votre système mention de Dieu ?
- Laplace : Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse.
- D'autres savants ayant déploré que Laplace fasse l'économie d'une hypothèse qui avait justement "le mérite d'expliquer tout", Laplace répondit cette fois-ci à l'Empereur :
- Laplace : Cette hypothèse, Sire, explique en effet tout, mais ne permet de prédire rien. En tant que savant, je me dois de vous fournir des travaux permettant des prédictions.
(cité par Ian Stewart et Jack Cohen source Wikipédia).
En quoi ce principe est important ?On voit bien toute la perfidie de la réponse de Laplace. L'hypothèse Dieu, explique tout, mais ne prédit rien. Autrement dit, elle ne
sert à rien.
Galilée avant Laplace, mais après Occam, a compris le monde différemment des autres. Il a compris que la nature était un livre écrit en langage mathématique. Qu'il fallait l'interroger, la triturer, la tester, la soumettre à la mesure, à l'expérimentation. En un mot : le monde qui l'entourait avait une cohérence propre, il lui fallait se libérer des "pressions" "religieuses" qui lui imposait la terre comme centre du monde.
Il est connus que cette vision lui couté quelques inimitiés, mais il faut dire que le chemin est très long, pour abandonner des chimères, surtout si celles-ci sont bien intentionnée.
Il a fallu près de 2000 ans pour expliquer les paradoxes de la théorie d'Aristote par Galilée. En revanche, l'expérience de Michelson et Morley qui la première révéla en 1888 le paradoxe de la mécanique newtonienne, fut résolu en 1905 par Einstein. La complexité théorique de la rélativité, est très supérieure, à celle de Galilée. On peut donc estimé, que le temps de "formulation" de la théorie de Galilée (l'accéleration uniforme de la chute des corps) est quasi instantané devant le renoncement aux chimères philosophico-religieuse. Alexandre Koyré, parle de révolution cosmogonique, le mot est fort.
Galilée a chercher à regarder la nature telle qu'elle est, et non pas telle qu'il voudrait qu'elle soit.
Il a fallu, approximativement 2000 ans à l'occident pour l'accepter.
D'autres cas ?On peut trouver un autre cas, en dehors de la science. Il s'agit pour moi, du code civil. La démarche qui a consiste à vouloir écrire, les "Lois" de la société, découle de cette même logique. L'écriture des lois, c'est l'objectivation du sujet de discussion. La discussion porte alors sur quelque chose qu'on peut tester, triturer, soumettre à l'expérience, en un mot quelque chose qui existe, avec lequel on peut interagir. Alors les juristes, sans que je saches vraiment quand, ont eu cette intuition géniale, de ne pas mélanger les intentions de la loi, avec le texte de la loi. Il était inutile d'expliquer le pourquoi de la loi, quand on avait le comment de la loi. Cette efficacité à permis de beaucoup gagner, et on a chassé le divin dans le "fondement" des lois.
Et maintenant ?
Et bien, il est temps que l'on se préoccupe de regarder ce qui est le moteur de la vie politique.
Je revendique l'application du principe du rasoir d'Occam à la vie politique. On a vu que les intentions des lois divisent, que les considération morales stérilisent la science, et bien tirons-en les leçons, et efforçons nous de ne jamais parler de nos intentions, de nos considérations morales, de nos valeurs.
Je sais que les gens y sont attachés, mais nous avons intérêt, si nous voulons rester vivant en tant qu'humanité, d'aller plus loin maintenant dans le consensus politique, pour fédérer plus largement les peuples.
On sait que la morale, les intentions, les valeurs, divisent ou stérilisent les groupes, alors interdisons nous de les revendiquer dans le débat public.
Je ne veux plus voir de "valeur travail" ou d'"ordre juste" ...
Il est étrange de noter la similitude en la phrase très fréquente "il faut remettre l'homme au centre de l'économie", et les anti-copernicien "il faut remettre la terre au centre de l'univers".
L'homme n'est pas au centre de l'univers, ni de l'économie. l'économie est un ensemble de lois émergentes de l'humanité, voire de la biosphère. Comme pour Galilée ou Copernic, il y a toujours le refus de regarder la nature telle qu'elle est, et l'attachement viscéral à la voir comme on veut.
Les leçons à tirer du passé sont donc celles-ci : regardons la société telle qu'elle est, et non pas telle qu'on voudrait la voir, et proposons des actions concrètes, précises, sans invoquer les valeurs, morales, intentions, qui divisent les gens, et stérilise l'action.
La leçon positive que je tire de cette dernière élection, est l'incroyable prime que les français ont donné à un programme clair, précis, factuel, bien que très à droite, bien plus à droite que la société habituellement.
Je suis très peiné que cette leçon nous soit donné par la droite. Je le suis d'autant plus que DSK avait déjà compris cela il y a bien longtemps. Et quand il dit "Sachons entreprendre par intérêt, ce que nous n'avons pas su faire par équité", il résume, crument la réalité de la vie politique.
L'intérêt, qu'il soit général ou individuel, est l'hypothèse
indispensable à la réussite d'une action, l'équité, cette valeur morale, est stérilisatrice.
Il avait déjà compris que le nouveau "logiciel" politique, c'était d'appliquer, enfin, à la politique le principe du Rasoir d'Occam.
C'est pour ça que j'ai voté pour lui, et c'est pour ça que j'espère que lui, et le courant qu'il anime sauront prendre le contrôle du PS, afin d'apporter ce renouveau nécessaire, pour passer aux étapes suivantes.
Je sais que renoncer à ses "valeurs" effraie, mais il ne s'agit pas de renoncer à ses valeurs, il s'agit de renoncer à les employer comme argument, car l'effet est néfaste, diviseur.
Les socialistes doivent comprendre l'avance considérable qu'à pris sur ce sujet DSK, et qu'il est leur seul salut.
Pour que la victoire ne soit pas un devoir (valeur morale) mais que les français ait intérêt à ce qu'on gagne.