
Que c'est-il passé de majeur hier soir, vers 22h ?
Le débat télévisuel le plus inquiétant que je n'ai jamais vu. Le Pen, Bayrou, Montebourg, Devedjian, face à ... un jury populaire.
Et qu'ai je vu ?
Nous vivons dans une société politiquement tranquille. Pas de dictature, pas de censure des médias, une liberté d'expression relativement efficace, une égalité homme/femme de droit...
Il reste encore des améliorations c'est évident, pour les femmes, pour les homosexuels, pour les enfants adoptés etc.
Quelqu'un qui travaille 7h par jour, 200 jours par an, assis sur une chaise à prendre des dossiers vérifier le contenue, à dire "merci monsieur, merci madame" gagne 10 fois le salaire d'un chinois qui travaille 12h par jours, 300 jours par an, à manipuler des produits dangereux, sans assurance maladie, sans retraites etc. 1200 heures, contre 3600, près de trois fois plus !
Est ce que je suis contre le salaire de cet employé français ? Non.
Mais cela pour expliquer que les pays émergents exercent une pression économique forte sur nous. Et sur nous tous ! Car si tout le monde était boulanger (c'est à dire sur un marché intérieur) il n'y aurait personne pour acheter le pain.
Alors oui, nous vivons dans une société remplie d'une grande violence économique.
Cette violence se répand dans le reste de la société.
Ceux qui ne sont pas accrochés au troupeau se font violemment balayer par cette pression économique, et se retrouvent à la rue, isolés, abandonnés. Alors ils répondent par deux violences.
Certains caillassent les bus, les pompiers, les flics, et s'il le faut les dispensaires publics etc. D'autre veulent faire tomber des têtes, et s'en prennent aux politiques, les accusent de tous les maux. Hier soir à la télé, on a vu les jurés citoyens s'en prendre vertement aux politiques.
Qu'elle est la bonne solution ? Les seules solutions doivent être économique. On doit TOUS ensemble trouver le moyen de retouver une prospérité, tout en préservant celle des pays pauvres. C'est pas facile, je suis pas sur que ce soit instantané, mais de toute évidence, le problème est économique, la réponse doit être économique.
Alors, aussi bien ceux qui répondent à cette violence en caillassant les bus et les pompiers, que ceux qui répondent à cette violence en voulant la tête des politiques, se trompent de colère.
L'élection de Royal, celle qui voulait "renouveler" l'appareil du PS, celle qui voulait ne plus mettre d'éléphant dans les ministères, c'est la victoire de ceux qui veulent faire tomber des têtes.
La racaille qui caillasse les pompiers, et la racaille qui veut faire tomber des têtes politiques, se trompent de colère et font preuve d'une incapacité d'adaptation. Nous devons nous adapter, car les pays émergeant nous y contraignent. En tant que société, s'en prendre aux autres, comme réponse à la nécessité de s'adapter, plutôt que de chercher des solutions nouvelles, est la preuve flagrante que la société Française s'est sclérosée, et est devenue incapable de s'adapter.
Jared Diamond se posait la question de savoir "
Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie". Pour moi, nous somme sur le chemin de notre perte car nous allons au devant d'un changement climatique majeur, conjointement à une société incapable de s'adapter.
Je ne suis pas un pessimiste, je crois à la capacité de sursaut de l'homme. Mais pour sur, en 2002 Les idées de Le Pen étaient au second tour. Ses idées sont simples, et reporte sur des boucs émissaires toutes les misères économiques du monde. Ces boucs émissaires sont aussi bien les étranger, les juifs, les arabes, que les politiques, l'Europe etc.
Fort de cette réponse inadaptée, les autres partis républicains ont choisi de eux aussi choisir leur boucs émissaires, plus soft, plus politiquement correct, mais tout aussi innocents : les profs, les fonctionnaires, les chômeurs, les patrons voyous.
Voilà, où l'on en est. Je fondais l'espoir que le PS saurait voir au delà des petits bousculement de notre quotidien, les grands enjeux planétaires, et saurait voté en fonction de la compétence, économique en particulier.
Ce n'est donc ni la droite, ni la gauche, ni le FN qui tirent la société Française à sa perte, c'est la société elle-même. Je respecte la démocratie, et je respecte ce choix de société. J'aurais donc sur elle le regard de Jean-Paul Sartre, un oeuil sur sa résilience, un oeuil sur d'autres sociétés hôtesses.
Je pense à l'Espagne, qui semble suffisament proche de la dictature Franquiste pour savoir qu'elle vit dans un espace politique paisible, et dans une économie violente. Je pense à l'Espagne qui a su sanctionner le mensonge d'Aznar, et qui a su élire Zapatero.