Ce matin, mon enfant, presque 5 ans m'a dit croire en Dieu !!!
Je suis furieux ! D'où lui est venu cette idée saugrenue ?Je peux vous assurer que c'est pas moi.
Je suis très en colère, mais pas très inquiet, à cet age, on est encore très souple, mais je n'en suis pas moins en colère.
Où, déjà a-t-elle été chercher ce concept ? Je suis en colère, parce que je sais. J'ai lu Pascal Boyer, et cela fait quelques temps que je vois bien que les "mèmes" subliminaux s'accumulent.
Ce qui me mets en colère c'est la forme de "viol" que constituent tous ces mèmes qui lui sont "transmis". Je dis viol à desseins. Je sais que nous sommes "traversé" en permanence de mèmes de toutes parts, et nous contribuons, chacun, à leur propagation. Je n'en veux donc pas trop à sa nounou, qui pisse de l'eau bénite, d'avoir transmis son "catéchisme" via sa fille à mon enfant. J'en veux à l'église Catholique, qui SAIT. Elle ne sait peut-être pas de manière explicite, il n'y a peut-être pas de recette pour faire une nouvelle religion, mais en revanche, les preuves existent que l'église "propage" des idées fausses, et entretien la rumeur. Je vais être beaucoup plus explicite, mais il me faut commencer par expliquer les mèmes.
Pourquoi les mèmes ?
Je ne vais pas tout détaillé ici, mais en gros, une chanson rengaine vous rentre par une oreille, et vous ne pouvez pas vous empêcher de la siffloter, ce faisant, vous la diffusez dans votre entourage, et il y a fort à parier que quelqu'un va subir le même effet, et continuer de propager la rengaine. On peut appeler mème cette rengaine. Il en existe de plus pernisieuse (comme l'homéopathie guérie par homéopathie, ou bien l'hostéopathie est une science etc...). Le mème est calqué que le mot gène. De même qu'on peut dire que le gène est égoïste, on peut en dire de même du mème.
On peut prendre un exemple: le fait de ne pas manger de porc est un mème. Il est probable qu'aux époques où il est apparu, cela procurait un avantage certains (problème d'hygiènes).
Or un des éléments qui me semble clé dans la théorie de Pascal Boyer (peut-être pas ce qui le différencie le plus), est que la croyance religieuse en un être surnaturel, passe par l'allumage d'un certains nombres de "mini"-croyances. C'est une espèce de mise en cohérence de ces mèmes qui construit la croyance final en un Dieu (pour ce qui me concerne ici, en un être surnaturel dans le cas général).
Une des conséquences de cette découverte est que la ferveur populaire s'alimente de mèmes "surnaturels". Or le travail de la raison, par nécessité, conclu TOUJOURS et NÉCESSAIREMENT à la fausseté des mèmes surnaturels. Non pas qu'on ne puisse pas un jours trouver quelque chose qui dépasse la science, mais parce que surnaturel signifie FORCEMENT en dehors de la
nature, et il est parfaitement impossible de constater
dans la nature un phénomène
surnaturel !
La ferveur populaire s'alimente donc de mèmes faux. Contrairement aux apparences, je n'en ferait pas ma pierre de touche, l'essentiel des mèmes qui doivent circuler sont faux ( comme mettre du sel sur la queue des pigeons ;-) ). La science, par son travail rationaliste est donc l'ennemie de ces mèmes et, donc de ses instigateurs. Dieu est une théorie non scientifique (au sens de Popper), les églises peuvent facilement se réfugier derrière cet argument IMPARABLE !
Autrement dit, si vous voulez croire en dieu, je m'en fiche, tant que vous ne lui donnez pas des propriétés ayant prise sur le réel, car alors, je vais demander à voir.
Mais alors pourquoi les églises s'attaquent-elles toutes à la science ? Non pas par crainte qu'un jours la science démontre la non existence de dieux (cela n'a pas de sens), mais parce que la science par sa démarche rationnelle, met un frein à la propagation es mèmes par trop faux !
Il suffit de regarder le bouquin de zététique de Henri Broch, pour voir que sur l'exemple concret des allégations de télékinésie (le déplacement d'objets par la pensée) sur le graphique suivant on voit la masse estimée des allégations de télékinésie en fonction du temps.

Je pense qu'on peut imputer une partie de cette réduction au travail de salubrité publique de la science. En faisant la chasse au mèmes faux, on se protège des conséquences parfois désastreuse.
C'est ce travail qui effraie les églises. Les églises ont besoin de la ferveur populaire, qui s'alimente de mèmes surnaturel. La science est une entrave à la diffusion de mèmes faux, donc aussi les mèmes surnaturels.
Jusque là on a tout au plus les églises qui profitent de mèmes faux, leur agressivité (encore aujourd'hui) à l'encontre de la démarche scientifique pourrait être un simple réflexe de défense. Non, je vais plus loin. L'église catholique alimente des mèmes FAUX. Bon passe encore, mais elle le fait en toute connaissance de cause. Je ne vais pas faire la liste des cas, mais je vais en citer un.
Le suaire de Turin. Lors de ses premières sorties, il avait été invalidé par l'église elle-même (à deux reprises je crois, de mémoire). Aujourd'hui qu'en est-il ? Comment appeler le fait de savoir, d'un coté que c'est un faux, et de l'autre de l'exposer dans une église de Turin ?
Et cela fait des milliers d'années (1.5 pour la catholique) que cela dure. Mais déjà les prêtres romains utilisaient des subterfuges pour impressionner les foules. Il est impossible que ces subterfuges puissent être utiliser de "bonne foi", car ils nécessitaient de l'entretien, et de l'ajustement ( cas de mécanismes d'ouverture de portes, ou bénitier qui se rempli tout seul par vase communiquant (qui recharge le grand bac ?) )
Pour toutes ces raisons je suis en colère de penser que ces idées nauséabondes ont pénétrées le cerveau de mon enfant, et qu'il y a des gens pour non seulement s'en réjouir, mais le souhaiter, et l'entretenir ! J'ai l'impression de devoir me battre contre des vieilles chimères, contre une hydre monstrueuse. Beurk ! Comme les films d'horreur de série B où la victime, possédée par le "monstre" devient elle même un monstre, cette maladie touche des innocents, et puis ces innocents s'y attachent, y tiennent, parfois plus qu'à leur propre vie, et se mette en colère si on leur parle de leur maladie ...